
Corinne Lovera Vitali
tout le monde quelque choseeverybody somethingInventions (MF)
FICTION
Elles sont douze. Douze voix qui se succèdent sans lien apparent sinon la puissance de leur parole, qui nous plongent immédiatement dans des intériorités aussi diverses que bavardes. Rien d'autre ne sera donné au lecteur que ces voix, aucun récit surplombant, aucune contextualisation narrative. Il devra tout extraire patiemment de leur flot répété. Jusqu'au moment où l’on retrouve la première voix et que s'ouvre l'espace de leur coexistence possible. On comprend alors qu'elles vivent ensemble quelque part – un asile ? une prison ? impossible de savoir – que de multiples choses les lient que le lecteur découvre peu à peu. On comprend que leurs paroles ne vise rien d'autre que la liberté : sortir de l'hôpital, de la prison, de l'asile de fous du langage. En sortir non pour se taire à leur tour, mais pour que cette spirale verbale devienne dialogue, conversation, un soliloque que l'on partage, une rencontre des voix. Par-delà la solitude apparente de ses voix, “tout le monde quelque chose” dessine l’horizon d'un nous.
Corinne Lovera Vitali publie depuis plus de vingt ans des textes à l’écriture très directe. On retrouve sur son site toute la diversité de son travail prolixe, fiction, poésie, performances sonores, parlé musique avec Fernand Fernandez, créations plastiques et typographiques avec NON. Elle dit que rien n’est séparé et que rien ne prime. Ses livres les plus récents : ce qu’il faut (publie.net), 78 moins 39 (Louise Bottu), ronette et modine (Abrüpt).
There are twelve of them. Twelve voices that follow one another with no apparent connection except the power of their speech, immediately plunging us into interior worlds as diverse as they are talkative. Nothing else is given to the reader but these voices: no overarching narrative, no narrative contextualization. The reader must patiently extract everything from their repeated flow. Until the moment when the first voice returns and the space of their possible coexistence opens up. We then understand that they live together somewhere—an asylum? a prison? impossible to know—and that many things bind them, things the reader gradually discovers. We understand that their speech aims at nothing other than freedom: to leave the hospital, the prison, the asylum of mad language. To leave it not in order to fall silent in turn, but so that this verbal spiral may become dialogue, conversation, a soliloquy that is shared, an encounter of voices. Beyond the apparent solitude of these voices, “tout le monde quelque chose” sketches the horizon of a we.
Corinne Lovera Vitali has been publishing texts in a very direct style for more than twenty years. The full diversity of her prolific work can be found on her website: fiction, poetry, sound performances, spoken-music collaborations with Fernand Fernandez, and visual and typographic creations with NON. She says that nothing is separate and that nothing takes precedence. Her most recent books include ce qu’il faut (publie.net), 78 moins 39 (Louise Bottu), and ronette et modine (Abrüpt).
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